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Mie (nom féminin)


Définition de l'Acadé française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XI e siècle. Issu du latin mica, « parcelle, tte ». Mie de pain ou, simplement, mie, partie tendre du pain, qu'entoure la croûte. Une boulette de de pain. Pain de , pain dont la croûte est très mince et qui sert surtout à confectionner des canapés ou des toasts. Loc. fig. et fam. À la de pain, sans valeur.


1ère signification de l'Acadé française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Partie molle qui est à l'intérieur du pain. "Une boulette de de pain."



2ème signification de l'Acadé française (éd. 1932-35)


Ancienne particule à sens négatif. "Vous ne l'aurez ."



3ème signification de l'Acadé française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Abréviation d'A dans l'ancienne langue. "Ma . J'aime ux ma ."
Il servait d'appellation familière dans le langage de la conversation : "Écoutez-moi, ma mie. Que vous en semble, ma ?"
Il était encore le Nom que les enfants donnaient à leur gouvernante, à leur bonne. "Cet enfant est inconsolable du départ de sa ."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Petite partie qui tombe du pain quand on le mange.
FÉNEL.: « Diogène vit de petites souris ramasser des s de pain sous sa table »
    Ce sens, qui est étymologique, n'est plus usité. On dit tte.

 2   Par extension, la partie du pain qui est entre les croûtes.
    Fig. Jeûner entre la et la croûte, se dit d'un homme que le jeûne n'empêche point de manger.

 3   Mie de pain, espèce de champignon.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Bat. d'Aleschans, V. 2756: Mès onc li cuens [le comte] ne volt [voulut] de vin gouster, Ne de blanc pein une adeser
    XIIIème siècle
     Lai de l'ombre: Qui tant estraint crouste que
GAUTIER DE COINCY: « L'escriture [les Juifs] n'entendent , La croste en ont et nous la »
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « Une de pain chaud sortant du four, appliquée sur la douleur »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. mica, mia, miga, mitga ; espagn. miga ; du lat. mica panis, tte de pain, parcelle, pris ensuite pour la partie molle du pain.


2ème définition d'Emile Littré



HIST. XIème siècle
     Ch. de Rol. X: De sa parole ne fut hastis
    XIIème siècle
     Sax. VII: Li roi et li soudant ne l'oublierent
    XIIIème siècle
     la Rose, 4: Mais l'en puet tiex [tels] songes songier Qui ne sont mençongier
    XIVème siècle
J. DE CONDET: « Je n'en ai s à plenté [abondance], Biax ostes, fait-il, Dieu rci »
    XVème siècle
FROISS.: « Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait »
    XVIème siècle
RAB.: « Ceste cy [cognée] n'est mye la nne ; je n'en veulx grain »
MONT.: « Tenez-vous dans la route commune : il ne faict bon estre si subtil et si fin »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. mica, mia, miga, minga, minja ; ital. mica, miga ; du lat. mica, parcelle. Mie avec son sens propre de parcelle : Ils s'ostent des mains l'ung de l'autre les myes d'areine qu'ils trouvent, DESPER. Cymbal. 96 (voy. MIE 1.)


3ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Abréviation du mot amie.
MOL.: « Non, ma , et ton coeur pour cela m'est trop cher »
MOL.: « Il faut que je l'appelle et mon coeur et ma »
MOL.: « Si le roi m'avait donné Paris, sa grand'ville, Et qu'il me fallût quitter L'amour de ma .... »
SÉV.: « On me mande toujours des merveilles de ma petite [MarieBlanche] »
BÉRANG.: « Ma , Ô vous que j'adore, Mais qui vous plaignez toujours.... »

 2   Nom que les enfants donnent quelquefois à leur gouvernante.
DU CERCEAU: « Aller, venir, courir, trotter, La aura de l'exercice »
SAINT-SIMON: « Mme de Maintenon l'aimait [M. du Maine] plus tendrement qu'aucune , ni qu'aucune nourrice »
SAINT-SIMON: « Heureusement pour Mlle du Lude, elle avait une vieille qui était de l'ancienne connaissance de Nanon »
Mme D'ÉPINAY: « Je lui trouve la contenance d'une »
    Fig.
SAINT-SIMON: « Walpole ménageait Fleury comme un homme qui pointait et que l'amitié de pouvait conduire loin »
VOLT.: « Quel était le prétexte de cette tempête [contre le Mondain] excitée par des prêtres et à laquelle se prêtait la vieille qu'on appelait le cardinal de Fleuri ! »

 3   Ma , se dit quelquefois familièrement en parlant à une femme d'une classe inférieure.
    Il se dit aussi en un sens méprisant. Je ne souffrirai pas vos impertinences, ma .

HISTORIQUE
    XIVème siècle
LOUIS PASSY: « Jehan Bretel, je cuit [pense] que vous menez Mauvaise vie à ou à moullier »
MÉON: « Seignor, ne vos mentirai ; Li doiens avoit une Dont il si forz jalous estoit Toutes les foiz qu'ostes avoit.... »
    XVIème siècle
MONT.: « Un riche cordon que je puisse donner à ma »

ÉTYMOLOGIE
    Abréviation de amie, déjà usitée dans le XIIIe siècle, et facilitée sans doute par la locution m'amie, t'amie, s'amie.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 3. MIE. Ajoutez : - REM. M'a est l'ancienne forme seule correcte. Ma est un barbarisme, et mon a est un solécisme, introduits tous deux par l'usage (voy. MON, Rem. 1).


1ère signification éditée en 1835 par l'Acadé Française



abréviation d'"Amie," souvent employée dans le vieux langage pour Maîtresse. "J'aime ux ma . Sa douce ." Les enfants donnent quelquefois ce nom à leur gouvernante. "Aimez-vous bien votre ?" Ils disent plus ordinairement, "Ma bonne."



2ème signification éditée en 1835 par l'Acadé Française

Subst. féminin 


Toute la partie du pain qui est entre les deux croûtes. "De la de pain. La d'un pain. Il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la . Un morceau de ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Acadé Française



Particule explétive, qui signifie, Pas, point, et qui n'est presque plus usitée, même dans le langage familier. "Il n'en tâtera . Vous ne l'aurez ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Acadé Française

Subst. féminin 


Abréviation d'Amie, souvent employée dans le vieux langage. "J'aime ux ma ! Sa douce ." Les enfants donnent quelquefois ce nom à leur gouvernante. "Cet enfant est fort attaché à sa . Il appelle sa mue." Ils disent plus ordinairement, "Ma bonne."



1ère ancienne définition de 1798 (Acadé Française)

Subst. féminin 


Toute la partie du pain qui est entre les deux croûtes. "De la de pain. La d'un pain. Il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la ".



2ème ancienne définition de 1798 (Acadé Française)



Particule négative, qui signifie, Pas, point; mais qui n'est plus en usage que dans certaines phrases familières. "Il n'en tâtera ".



3ème ancienne définition de 1798 (Acadé Française)



Mie, est aussi l'abrégé d'"Amie," et le nom que les enfans donnent à leur gouvernante. "Cet enfant est fort attaché à sa . Il appelle sa ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Acadé Française)

Subst. féminin 


Toute la partie du pain qui est entre les deux croutes. "Une de pain. De la de pain. La d'un pain. Il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Acadé Française)



qui signifie, Pas, point; mais qui n'est plus en usage qu'en certaines phrases populaires. "Il n'en tâtera ."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Acadé Française)



est aussi le nom que les enfans donnent à leur gouvernante. "Cet enfant est fort attaché à sa . Il appelle sa ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

MIETTE, s. f. ["Mî-e", "Miète": dans le premier, "ie" est de deux syllabes; dans le second, il n'en fait qu'une: 1re"è" moy. au 2d.] Il y a de la diférence entre ces deux mots, qui ont tous deux raport au pain. "La " du pain, c'est tout ce qui n' est pas la croûte. "Miette" est une petite partie de la croûte. L. T. = "Mie", amie. Autrefois les enfans apelaient leur gouvernante "ma ", "sa ": aujourd'hui ils disent "ma bonne", "sa bonne". = "Mamie" pour "mon amie", se dit souvent par dérision. 'Doucement, "mamie"; j'ai vingt-quatre heures devant moi pour vous répondre, et je ne dirai ma pensée qu'à la dernière minute. "Mariv."
   * "Mie" s'est dit autrefois au lieu de "point", adverbe, avec la particule "ne".
   Beaux sires loups "n'"écoutez "mie"
   Mere tançant son fils qui crie.
       "La Font."
On le dit encôre en Picardie.
"Miette" se dit par extension, d'un petit morceau d'une chôse à manger. 'Vous ne lui en avez donné qu'"une tte". 'On a bien servi des plats sur cette table";" mais il n'en est pas resté "une tte".



Signification éditée en 1694 (selon l'Acadé Française)

Subst. féminin 


Toute la partie du pain qui est entre les deux croustes. "Une de pain. de la de pain. la d'un pain. il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la ".




Emplacement dans le dictionnaire :

microphone
microprocesseur
microps
microscope
microscopique
microzoaire
miction
midi
midinette

miel
miellat
mielle
miellé
miellée
mielleusement
mielleux
mien
miette
mieux
mieux-disant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...n'a rien perdu de sa beauté plastique. L'altération syllabique, intérieure ou finale, n'est pas plus dangereuse : ni la soudure de l'article ou du pronom, loriot pour l'oriot, l'oriol (aureolum), ma mie pour m'amie ; ni casserole pour cassole ; ni palette (de sang) pour poëlette ; ni bibelot pour bimbelot ne sont des accidents graves dans l'évolution d'une langue. Je suis même moins choqué par le...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...quelles âmes, les nôtres, échangeraient leurs lèvres, le soir de leurs fiançailles... nous nous serions vus vivre tous trois en eux deux, corps et coeurs... te souviens-tu ? ... tu pleures, ma mie ? Tu pleures... et cette enfant pleure sur mes genoux, Aurélie ! ... et quand Dieu eut enlevé glorieusement Bernard à notre passion, comme il nous a paru qu'il continuait de vivre, puisque...


Citation n°3 de Anatole FRANCE (Le Lys rouge)

...Ce sont des idées, mon cher Garain, que vous avez exprimées vous-même avec une rare éloquence. M. Berthier D'Eyzelles se taisait. Le sénateur Loyer roulait dans ses doigts des boulettes de mie de pain. Antique habitué des brasseries, c'est en pétrissant des miettes ou en taillant des bouchons qu'il trouvait des idées. Il leva sa face couperosée d'où pendait une barbe sale. Et, regardant...


Citation n°4 de Anatole FRANCE (Le Lys rouge)

...Cette fois, entré dans la combinaison Garain, il croyait tenir la justice. Et son protecteur, qui ne la lui donnait pas, devenait un rival importun. Il ricana, occupé à modeler dans la mie de pain un petit caniche. M. Berthier D'Eyzelles, très calme, très grave, très morne, caressa ses beaux favoris blancs : -ne pensez-vous pas aussi, Monsieur Garain, qu'il conviendrait de faire...


Citation n°5 de Anatole FRANCE (Le Lys rouge)

...Mais M. Berthier D'Eyzelles, à qui Garain offrait le commerce et l'agriculture, se réserva. Loyer fut mis aux colonies. Il semblait très occupé à faire tenir sur la nappe son caniche de mie de pain. Cependant, il regardait du coin de son petit oeil ridé la comtesse Martin, et il la trouvait désirable. Il entrevit vaguement le plaisir de la revoir, à l'avenir, avec un peu d'intimité....


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